Notre territoire de santé

Délimitation géographique actuelle du projet

Situé au nord et à l’est de l’Aude (région Occitanie), le territoire de la future CPTS couvre 48 communes :

Lézignan-Corbières, Trèbes, Rieux-Minervois, Caunes-Minervois, Capendu, Fabrezan, Ferrals-les-Corbières, Puichéric, Azille, Luc-sur-Orbieu, La Redorte, Peyriac-Minervois ,Laure-Minervois, Villeneuve-Minervois, Conilhac-Corbières, Cruscades, Badens, Barbaira, Douzens, Marseillette, Boutenac, Moux, Paraza, Aigues-Vives, Trausse, Fontcouverte, Roubia, Rustiques, Castelnau-d’Aude, Fontiès-d’Aude, Escales, Saint-Couat-d’Aude, Floure, Camplong-d’Aude, Argens-Minervois, Villedubert, Comigne, Montbrun-des-Corbières, Saint-Frichoux, Bouilhonnac, Monze, Blomac, Cabrespine, Lespinassière, Roquecourbe-Minervois, Castans, Citou, Montirat.

Soit une population de 47 477 habitants- CPTS de taille 2.

Introduction

Le monde de la santé souffre. Dans le secteur libéral nous subissons deux chocs : le premier démographique avec notamment une diminution régulière du nombre de médecins libéraux, et peu de spécialités ne sont pas concernées, le deuxième est une crise organisationnelle.

Les médecins libéraux ont peu de personnels salariés en général, sont submergés par des tâches non médicales en constante augmentation, et doivent faire face à des pathologies chroniques complexes et chronophages.

Les pharmaciens sont également en diminution ces dernières années. La disparition de pharmacie de village, véritable lieu de santé et d’information sanitaire pour la population est très souvent liée à la fermeture des cabinets médicaux.

Les infirmières sont en demande de coordination et de travail pluri professionnel organisé.

L’ensemble des acteurs de santé en soins primaires et de ville sont donc concernés par une évolution de notre système de santé.

Si la première crise (démographique) relève du ministère et reste très politique, la deuxième peut se jouer dans notre camp d’une manière assez concrète et rapidement.

Un territoire rural attractif

Situé au nord et à l’est de l’Aude (région Occitanie), le territoire de la future CPTS se trouve à proximité de trois grands pôles d’emplois selon le zonage en aires urbaines de 2010 (Insee) : Carcassonne à l’ouest (29 030 emplois), Narbonne à l’est (27 940 emplois) et Castres au nord (22 215 emplois).

A cela s’ajoute le petit pôle de Lézignan-Corbières à l’est du territoire et comprenant 5 172 emplois. Il s’agit de la commune la plus peuplée de la future CPTS (11 334 hab. en 2006), suivi de Trèbes (5 606 hab. et 1 656 emplois).

Puis douze communes comprennent entre 1 000 et 2 000 habitants et sont pour la plupart des couronnes d’un grand pôle ou des communes multipolarisées (par exemple, Rieux-Minervois, Caunes-Minervois, Capendu, Fabrezan, etc.).

Enfin, le territoire comprend 34 communes de moins de 1 000 habitants dont certaines sont isolées hors influence des pôles.

Concernant le dynamisme démographique, les 48 communes du territoire sont plus attractives que la moyenne française, leur population a augmenté en moyenne de +0,7% par an entre 2011 et 2016 (contre 0,4% en France). Les deux principales communes, Lézignan-Corbières et Trèbes, ont une croissance respective de 0,8% et Réalmont 1,1%. Mais les trois communes suivantes, Rieux-Minervois (-0.2%), Caunes-Minervois (-0,1%) et Capendu (-1,2%) observent une érosion de leur population. Cruscades (897 hab.) connait le plus fort taux de croissance annuel : 7,6%.

La part des jeunes de moins de 20 ans en augmentation

La part des moins de 20 ans est inférieure à la moyenne nationale (22,6% contre 24,4%). Parmi les 14 communes les plus peuplées du territoire (de 11 334 à 1 018 habitants), seule Lézignan-Corbières a sa part des moins de 20 ans est supérieure à celle de la France : 24,9%. Floure et Cruscades sont les communes ayant le plus de jeunes (31,9% et 32,3%), à l’inverse de certains villages de moins de 350 habitants enregistrant le moins de jeunes (10 à 20%).

Cependant, lorsqu’on observe le taux d’évolution annuel des moins de 20 ans entre 2011 et 2016, il est supérieur à la moyenne nationale : 0,9% contre 0,2% en France. A Lézignan-Corbières et Trèbes, l’accroissement par an est élevé montrant le dynamisme de ces communes : 2,0% et 1,9%, contrairement aux trois communes suivantes en termes de nombre d’habitants dont la part des jeunes chute : Rieux-Minervois (-2,2%), Caunes-Minervois (-2,1%) et Capendu (-5,1%).

Notons également que certaines petites communes connaissent un fort accroissement de la part des moins de 20 ans et sont réparties sur l’ensemble du territoire : Cruscades (12,5%), Blomac (4,8%), Monze (4,8%), Aigues-Vives (4,6%).

Ainsi, un certain dynamisme démographique est observé à travers l’accroissement des habitants du futur territoire de la CPTS mais aussi par l’augmentation du taux annuel des moins de 20 ans. L’augmentation de la population et sa prise en charge médicale et paramédicale constituent un enjeu important dans un avenir proche et doivent être intégrées aux objectifs des professionnels de santé du secteur.

Une part importante des 65 ans et plus

Sur les 48 communes du territoire de la future CPTS, la part des personnes âgées de 65 ans et plus est au-delà de la moyenne nationale : 24,8% contre 19,0%. L’ensemble des 15 communes les plus peuplées ont une part de personnes âgées supérieure à la moyenne, allant de 23,7% à 35,9% pour la Redorte. Les villages dont la part de personnes âgées est la plus forte sont essentiellement situés au nord du territoire.

Observons le taux d’évolution annuel des 65 ans et plus entre 2011 et 2016 afin de comprendre la dynamique du territoire. Il enregistre un taux d’évolution par an inférieur à la moyenne nationale (2,2% contre 2,6%). Les villes de Lézignan-Corbières et de Trèbes situent leur taux d’accroissement dans la moyenne nationale (2,6% et 2,5%).

La part importante de personnes âgées de 65 ans et plus, avec un taux d’accroissement inférieur à la moyenne nationale mais qui reste relativement élevé (2,2%) est essentiel pour les objectifs de la CPTS. La prise en compte de ces éléments permettra de proposer des objectifs visant l’amélioration de la prise en charge des personnes âgées mais aussi de cibler les communes dont la part des 65 ans et plus est la plus forte (La Redorte, Rieux-Minervois, etc.) ainsi que celles dont le taux d’évolution a été le plus important entre 2011 et 2016 (Laure-Minervois, Cruscades, Rustiques, etc.).

Dans le cadre de la prise en charge des personnes âgées, il est intéressant d’observer la part des personnes ayant 75 ans et plus et vivant seules (Insee, 2016). Bien que le taux moyen du territoire (37,5%) soit inférieur à celui de la France (42,5%), l’attention peut être portée sur des petites communes telles que Caunes-Minervois, Puichéric, Azille, Luc-sur-Orbieu, La Redorte ou Peyriac-Minervois où près de la moitié des habitants âgés de 75 ans et plus vivent seuls ainsi qu’à Rustiques, Monze et Montirat où la totalité vivent seuls (100%).

Une offre de santé fragile

La zone CPTS souffre d’une démographie médicale en perte de vitesse. La moyenne d’âge des médecins libéraux est élevée, le nombre de nouvelles installations ne compense pas les nombreux départs à la retraite. Les deux grandes villes de la CPTS connaissent une démographie différente. Trèbes avec 9 médecins libéraux et deux cabinets de groupe a finalement une démographie beaucoup moins en danger que Lézignan. L’APL reste inférieur à celui du département et de la région. Il n’existe aucune maison de santé pluriprofessionnelle mais une maison médicale de garde fonctionne correctement depuis 2009 assurant une permanence des soins efficace dans un territoire sans service d’urgence.

Le nombre de laboratoires de biologie médicale est de 2, présents aux deux pôles urbains de la CPTS.

Le nombre d’infirmiers reste dans la moyenne départementale avec un APL pondéré égal à celui du département. Les infirmiers sont répartis de façon harmonieuse dans tout le territoire de la CPTS avec leur présence dans 26 communes.

Les kinésithérapeutes et les chirurgiens dentistes sont, par contre, en démographie en baisse avec un APL bien en dessous de la moyenne départementale (79,6/82,7 amk, 47,7/55,2 dentistes).

La CPTS compte peu de médecins spécialistes surtout concentrés sur la ville de Lézignan. La proximité de Carcassonne et Narbonne expliquant cette situation.

Les pharmaciens restent stables même si le départ des médecins non remplacés entraine des difficultés économiques.

Enfin à noter le faible nombre d’orthophonistes pour ce territoire (9) et un chiffre correct de cabinets de podologues.

Les autres données statistiques (%ALD, CMU) différent peu du département.

Les actes de prévention aussi restent bas mais assez conformes à ceux que l’on retrouve sur le plan national.